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20/02/2026
Lecture : 6 min
Lancer un projet de GTA : quand est-ce vraiment le bon moment ?
Experte GTA Mid Market
Un projet de gestion des temps et des activités a rarement à voir avec une simple envie d’outil. La réflexion apparaît plutôt lorsque l’organisation commence à compenser ce que les outils en place ne couvrent plus, avec des ajustements permanents et une charge croissante pour les équipes RH et paie.
À ce moment-là, la GTA devient un sujet de pilotage, au croisement de la fiabilité de la paie, de l’organisation du travail et des relations avec les managers et les salariés. La vraie question n’est alors pas la méthode de déploiement, mais le moment où la décision doit être prise.
Se posent alors des questions importantes : les signaux sont-ils réunis pour lancer ou repenser un projet de GTA ? Quelles sont les implications concrètes d’une telle décision pour l’organisation ?
Lancer un projet de GTA ? Les signaux à ne plus ignorer
Un projet de GTA se déclenche rarement sur un seul événement. Il s’impose plutôt quand plusieurs signaux, d’abord diffus, finissent par converger. Pris isolément, ils paraissent gérables. Mis bout à bout, ils révèlent un système arrivé à saturation.
Des signaux opérationnels qui s’installent dans la durée
Les premiers signaux apparaissent dans le quotidien des équipes RH et paie. Les outils de gestion des temps restent en place, souvent des tableaux Excel ou des solutions historiques, et continuent de fonctionner tant qu’ils sont ajustés en permanence.
La consolidation des pointages prend chaque mois davantage de temps :
- les contrôles avant clôture se multiplient,
- les corrections reviennent systématiquement
- et finissent par être intégrées comme une étape normale du processus.
La fiabilité repose alors moins sur les outils que sur l’expérience de quelques personnes capables de corriger, expliquer et arbitrer.
À ce stade, la GTA ne soutient plus l’activité. Elle devient un point de friction récurrent dans l’organisation.
Des signaux paie et réglementaires plus difficiles à ignorer
Lorsque les règles de temps de travail se complexifient, les écarts apparaissent plus vite. Heures supplémentaires mal valorisées, repos compensateurs difficiles à suivre, absences générant des retraitements fréquents : la paie absorbe une part croissante d’incertitude.
Le risque ne tient pas uniquement à l’erreur ponctuelle. Il tient davantage à :
- la répétition des erreurs,
- la difficulté de justifier les calculs
- et à la dépendance à des vérifications manuelles.
Dans ce contexte, difficile d’imaginer se soumettre à un contrôle externe du type contrôle URSSAF, même lorsque les pratiques sont de bonne foi.
Un projet de GTA commence souvent ici : au moment où la conformité cesse d’être un acquis implicite.
Des signaux humains et managériaux visibles sur le terrain
Les effets de la GTA ne se limitent pas aux outils. Ils se lisent aussi dans les relations de travail :
- les managers passent plus de temps à expliquer des règles qu’ils ne maîtrisent pas toujours eux-mêmes,
- les salariés questionnent leurs compteurs, leurs horaires, leurs plannings, sans obtenir de réponses immédiates et partagées.
Peu à peu, la confiance dans la donnée temps s’érode. La discussion ne porte plus sur l’organisation du travail, mais sur la fiabilité des chiffres. Quand ce glissement s’opère, la GTA devient un sujet social à part entière.
Comment objectiver les signaux d’alerte avant de décider ?
Avant de parler de solution, certaines données permettent de poser un diagnostic simple :
- le temps consacré par les équipes RH à la consolidation des temps,
- le nombre de corrections de paie liées aux horaires,
- la fréquence des contestations ou des demandes d’ajustement.
Ces data RH permettent de sortir du ressenti et d’objectiver la nécessité ou non de s’équiper d’une solution de gestion des temps. Lorsque ces indicateurs progressent sur plusieurs mois, la question du projet de GTA devient incontournable.
À retenirUn projet de GTA se lance rarement parce que l’outil est obsolète. Il se lance lorsque l’organisation commence à payer, en temps, en fiabilité ou en confiance, les limites du système en place. |
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Quels enjeux derrière un projet GTA ?
Une fois les signaux identifiés, la question change de nature. Il ne s’agit plus de constater des dysfonctionnements, mais d’évaluer ce que le lancement d’un projet de GTA modifie durablement dans l’organisation. Car une GTA structurée agit sur plusieurs équilibres clés, souvent sous-estimés au moment de la décision.
Un enjeu de fiabilité des données, avant toute chose
Un projet de GTA vise à produire une donnée temps cohérente, exploitable et partagée. Tant que cette donnée reste fragile, les équipes RH et paie travaillent en réaction. Elles corrigent, ajustent, sécurisent a posteriori.
Avec une GTA outillée, la donnée devient stable :
- les arbitrages reposent sur des éléments tracés,
- les analyses ne nécessitent plus de retraitement préalable
- le temps RH se déplace du contrôle vers le pilotage.
Un enjeu direct sur la qualité et la soutenabilité de la paie
La paie dépend mécaniquement de la gestion des temps. Lorsque les règles sont partiellement formalisées ou mal outillées, chaque évolution crée de nouvelles zones d’incertitude :
- les régularisations s’accumulent,
- les explications se complexifient,
- la dépendance aux vérifications manuelles augmente.
Un projet de GTA permet de poser un cadre clair grâce à
- des règles explicites,
- des calculs reproductibles,
- des historiques consultables facilement par tous les acteurs concernés.
Ainsi, la paie cesse d’être un exercice de sécurisation permanente.
Un enjeu d’organisation du travail côté managers et équipes
Sans GTA adaptée, les managers compensent. Ils recalculent, arbitrent, expliquent, souvent sans disposer d’une vision complète. Cette situation crée une charge invisible et déplace le rôle managérial vers la gestion d’écarts.
Une logiciel de GTA redéfinit les responsabilités :
- les règles sont visibles,
- les validations sont cadrées
- les échanges portent sur l’organisation du travail, et non sur la fiabilité des chiffres.
Un enjeu SIRH structurant
La GTA conditionne le reste du système d’information RH. En effet, une gestion des temps fragile :
- limite l’automatisation de la paie,
- complique la planification
- et restreint les possibilités de reporting.
À l’inverse, une GTA solide alimente les autres briques et permet d’envisager des évolutions organisationnelles sans multiplier les contournements techniques.
Le coût de l’inaction
Ne pas lancer de projet de GTA ne fige pas la situation. Au contraire, cela prolonge :
- un fonctionnement fondé sur des ajustements constants,
- une forte dépendance à certaines personnes
- et une perte progressive de lisibilité.
Ce coût est souvent difficile à chiffrer. Pourtant, les impacts sont bien réels en temps consommé, en tensions récurrentes et en décisions prises avec une visibilité très limitée.
À retenirUn projet de GTA engage bien plus qu’un changement d’outil. Il conditionne :
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Comment cadrer et réussir un projet de GTA, sans se tromper ?
Une fois la décision prise, le principal risque ne tient pas au choix d’un outil, mais plutôt au cadrage du projet lui-même. La réussite de ce projet tient au fait que les objectifs, le périmètre et la gouvernance ont été clarifiés en amont.
Avant de lancer le projet : les prérequis à sécuriser
Un projet de GTA ne démarre pas le jour où un logiciel est sélectionné. Il commence plus tôt, lorsque l’entreprise formalise ce qu’elle attend réellement du projet.
Cela suppose d’identifier :
- les règles de temps de travail à couvrir,
- les services concernés,
- les processus qui doivent évoluer
- et les contraintes techniques existantes.
Sans ce travail préalable, le projet peut rapidement dévier vers une accumulation de demandes contradictoires.
Cadrer le projet
Le cadrage constitue une phase à part entière. Il permet de définir :
- un périmètre réaliste,
- un calendrier cohérent
- et des priorités assumées.
Si vous cherchez à couvrir l’ensemble des cas de gestion dès le premier déploiement, vous risquez de complexifier inutilement le paramétrage et donc de retarder l’adoption.
Mieux vaut opter pour un projet de GTA qui soit structuré par étapes, avec des objectifs clairs à chaque phase et des règles stabilisées avant d’être étendues.
Donner une trajectoire au projet
La durée d’un projet de GTA dépend moins du nombre de mois inscrits dans un rétroplanning que de la capacité de l’organisation à absorber le changement.
Les tests utilisateurs, les ajustements réguliers, la formation des managers et l’accompagnement des équipes sont autant d’éléments qui conditionnent l’appropriation réelle de la solution. Négliger ces étapes revient à déplacer les problèmes sans les résoudre.
Choisir une solution en fonction de l’organisation
Le choix d’un logiciel de GTA doit découler du fonctionnement réel de l’entreprise, et non l’inverse. En effet, une organisation mono-site, avec peu de règles de temps de travail, n’a pas les mêmes besoins qu’une structure multi-sites, soumise à plusieurs accords, cycles horaires ou populations distinctes.
Un outil trop simple atteint vite ses limites dès que la complexité augmente. À l’inverse, une solution très riche peut alourdir les usages si elle couvre des cas inexistants ou marginaux.
Dans les deux situations, le problème n’est pas l’outil en soi, mais l’écart entre ce qu’il permet et ce que l’organisation doit gérer au quotidien.
Le bon choix repose donc sur un alignement clair entre trois éléments :
- le niveau de complexité des règles de temps de travail,
- les objectifs assignés au projet de GTA
- et la capacité de la solution à les couvrir sans sur-paramétrage ni contournement.
Structurer la gouvernance du projet dès le départ
Un projet de GTA mobilise plusieurs acteurs :
- les fonctions RH et paie,
- les managers,
- la DSI,
- et parfois la finance.
Partant de cela, il faut veiller à définir autant que possible les rôles de chacun. Les cas échéant, cela peut créer des zones de flou qui ralentissent les décisions.
Par exemple, des référents métier identifiés, des circuits de validation clairs et des temps d’arbitrage réguliers permettront d’éviter que le projet ne repose sur quelques personnes seulement.
À retenirUn projet de GTA se réussit moins par la sophistication de la solution que par la clarté du cadrage, la progressivité du déploiement et la gouvernance mise en place. Une fois lancé, le projet doit suivre une trajectoire lisible, alignée avec l’organisation réelle du travail, sans chercher à tout régler d’un seul coup. |
Conclusion
Un projet de GTA ne répond pas à une logique d’équipement. Il s’envisage lorsque la gestion des temps devient difficile à maintenir avec les outils et les pratiques existants.
Certains signes doivent vous alerter et interroger la pertinence de continuer certaines pratiques. Ce peut être le temps croissant consacré aux corrections, la complexité des clôtures ou encore les échanges répétés autour des mêmes écarts. Pris isolément, ils peuvent sembler gérables. Lorsqu’ils se cumulent, ils questionnent la capacité de l’organisation à fonctionner durablement ainsi.
Identifier le bon moment constitue souvent la principale difficulté. Cela suppose d’objectiver la situation et de clarifier ce que l’on attend réellement d’un projet de GTA. Une GTA bien cadrée ne résout pas tous les sujets immédiatement, mais elle peut fournir une base plus lisible pour piloter le temps de travail et sécuriser les processus dans le temps.
