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28/04/2026
Lecture : 4 min
Veille légale RH - Avril 26 : Ce qu’il faut retenir
Experte GTA Mid Market
Le mois d’avril prolonge une dynamique forte : la Cour de cassation continue d’affiner les contours des obligations employeur, en posant des limites claires là où la jurisprudence laissait place à interprétation. Cette fois, c’est la frontière entre initiative du salarié et obligation de l’employeur qui se précise, à l’image du droit à la déconnexion ou des effets d’une prise d’acte requalifiée.
En parallèle, la CNIL fait entrer la gestion RH dans une nouvelle phase de conformité avec son référentiel sur les durées de conservation des données. Pour les entreprises, cela signifie une obligation accrue de traçabilité, de paramétrage et de purge.
Déconnexion, prise d’acte, conservation des données : trois sujets très différents, mais une même exigence sous-jacente celle d’objectiver, documenter et défendre chaque pratique RH.
Au sommaire :
🔎 Deux jurisprudences à la loupe, sur le droit à la déconnexion en arrêt maladie et les conséquences financières d’une prise d’acte requalifiée en démission,
🔎 Une actualité réglementaire à intégrer dès maintenant, avec le nouveau référentiel CNIL sur les durées de conservation des données RH,
🔎 Et, comme toujours, nos repères pour sécuriser vos pratiques avec Asys.
Deux jurisprudences à la loupe
Droit à la déconnexion : pas de manquement sans sollicitation de l’employeur
Cass. soc., 25 mars 2026, n° 24-21.098
Le contexte de la décision
Un chef d’agence, statut cadre dirigeant, a été licencié pour inaptitude après plusieurs mois d’arrêt de travail. Pendant son arrêt maladie, il s’était connecté à son poste pour traiter des courriels et accomplir des missions ponctuelles (clôtures mensuelles, signatures, arbitrages).
Il sollicitait des dommages-intérêts pour manquement de l’employeur à son droit à la déconnexion, en faisant valoir l’absence de dispositif dédié et la persistance d’une activité professionnelle pendant sa suspension de contrat.
La décision rendue
La chambre sociale rejette le pourvoi du salarié. Elle retient qu’aucun élément ne démontrait une obligation pour le salarié de traiter immédiatement les courriels reçus, ceux-ci étant pour la plupart des notifications automatiques, et que les connexions résultaient d’un choix personnel du salarié.
Deux enseignements majeurs :
- L’employeur ne manque pas à son obligation lorsque le salarié se connecte spontanément, sans sollicitation ni obligation de réponse.
- L’absence de dispositif formel de déconnexion (charte, accord) n’est pas, à elle seule, une circonstance aggravante caractérisant un manquement.
La jurisprudence protectrice antérieure reste valide : toute sollicitation active de l’employeur pendant un arrêt maladie demeure sanctionnable.
Distinguer initiative du salarié et sollicitation de l’employeur
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Prise d’acte produisant les effets d’une démission : indemnité de préavis due par le salarié
Cass. soc., 9 avril 2026, n° 24-21.017
Le contexte de la décision
Un salarié avait pris acte de la rupture de son contrat de travail, reprochant à son employeur des manquements qu’il jugeait suffisamment graves pour justifier une rupture immédiate. Les juges du fond, après examen des griefs, ont considéré ces manquements insuffisamment caractérisés. La prise d’acte a donc produit les effets d’une démission.
L’employeur réclamait, à ce titre, l’indemnité compensatrice du préavis non exécuté par le salarié.
La décision rendue
La chambre sociale confirme : lorsque la prise d’acte produit les effets d’une démission, le salarié est redevable de l’indemnité compensatrice du préavis non effectué.
La requalification opère sur l’ensemble du régime de la rupture, y compris ses conséquences financières à la charge du salarié. Concrètement, deux issues sont possibles à l’issue d’une prise d’acte :
- Si les griefs du salarié sont jugés suffisamment graves : la prise d’acte produit les effets d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse, l’employeur doit l’indemnité de préavis, l’indemnité de licenciement et les dommages-intérêts associés.
- Si les griefs sont jugés insuffisants : la prise d’acte produit les effets d’une démission, et c’est le salarié qui doit à l’employeur l’indemnité compensatrice du préavis non effectué.
Anticiper le double risque financier d’une prise d’acteUne prise d’acte n’est jamais neutre sur le plan paie :
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Actualité sociale ou législative à ne pas manquer
Données RH : la CNIL publie un référentiel sur les durées de conservation
Délibération CNIL n° 2026-031 du 29 janvier 2026, publiée au JO le 3 avril 2026
Ce qui est en préparation
La CNIL a adopté un nouveau référentiel structurant les durées de conservation des données personnelles traitées dans le cadre de la gestion des ressources humaines. Le texte, organisé par activités de traitement et structuré en 10 domaines RH (recrutement, paie, formation, alertes professionnelles, vidéosurveillance, etc.), distingue les durées obligatoires (légales ou réglementaires) et les durées recommandées (bonnes pratiques CNIL).
Ce référentiel relève du droit souple : il n’est pas contraignant en lui-même, mais constitue le filtre opérationnel à travers lequel seront appréciés les contrôles de conformité en 2026.
Les impacts opérationnels pour les directions RHLa publication du référentiel s’accompagne d’une annonce stratégique : le recrutement figure parmi les thématiques prioritaires de contrôle CNIL pour 2026, avec un focus particulier sur :
Le référentiel introduit également une distinction structurante entre durée en base active (utilisation quotidienne par les services RH) et durée d’archivage intermédiaire (conservation à des fins probatoires ou contentieuses). Pour les directions RH et les DPO, ce nouveau cadre impose une revue méthodique des politiques d’archivage, de purge et de paramétrage des outils. |
Avec Asys, vous pouvez
- Objectiver les durées de conservation par typologie de données dans votre SIRH,
- Documenter les règles de purge et d’archivage pour répondre à un contrôle CNIL,
- Tracer les flux de données (collecte, conservation, suppression) pour démontrer votre conformité.
Avril 2026 : Que retenir de l’actualité sociale ?
Deux décisions, un même fil rouge : l’objectivation des situations. La Cour de cassation rappelle que le droit à la déconnexion ne se présume pas. Il suppose une sollicitation effective, démontrée. Elle confirme aussi qu’une prise d’acte requalifiée en démission produit toutes ses conséquences financières, y compris à la charge du salarié.
En parallèle, la CNIL pose un cadre structurant pour la conservation des données RH, dans un contexte où le recrutement devient une cible prioritaire de contrôle.
Trois sujets, une même exigence : des pratiques RH formalisées, traçables… et défendables.
